Festival Massimadi - des films pour lancer la conversation.

Le site Festival de Massimadi a lieu au Cinema Nova les 14 et 15 octobre.

Le festival présente des films et des œuvres d'art qui explorent l'expérience LGBTQ des personnes originaires d'Afrique et de la diaspora.

Je me suis entretenu avec Landry Fogaing pour découvrir les coulisses de l'événement de cette année.

" J'ai entendu parler de Massimadi pour la première fois en 2018 - c'était aussi la première fois que je participais au festival... " explique Landry. "Lors de cette édition, j'ai vu un film qui m'a parlé - il s'appelait Vibrance du silence de Marthe Djilo Kamga. Il m'a parlé parce qu'il y avait une familiarité, des choses que je reconnaissais. Pour la première fois en dix ans, depuis que je suis arrivée et que je vis en Belgique, j'ai eu le sentiment de me reconnaître. C'est ce qui m'a poussé à faire partie de l'organisation du festival, afin de pouvoir y contribuer autant que possible."

Il s'agit de la 8e édition de Massimadi. La dernière fois qu'il a eu lieu, c'était en mars 2020, mais cet événement avait été perturbé par l'apparition de Covid-19. La réflexion forcée de l'enfermement de Covid a vu quelques changements maintenant que le festival est de retour.

"La pandémie a touché l'organisation du festival sur le plan personnel..." explique Landry. "Nous avons perdu quelqu'un dans notre groupe, un pilier, quelqu'un qui était là depuis 2013. Tout cela, couplé à chacune de nos luttes personnelles individuelles a évidemment eu un impact sur la santé mentale de chacun d'entre nous. Cela a conduit plusieurs personnes à quitter le groupe organisateur alors qu'un petit nombre a décidé de rester."

"De plus, le festival devait servir encore mieux l'expérience des personnes noires queer - le festival devait être plus proche de nos réalités locales."

"Nous savons que la pandémie a grandement affaibli certains d'entre nous qui étaient déjà les plus vulnérables - ceux d'entre nous qui n'ont pas d'emploi, qui n'ont pas de revenus stables, qui n'ont pas de "papiers", les travailleurs du sexe ou ceux qui ne pouvaient pas se payer une thérapie."

"Sur la base de mon expérience en tant qu'homosexuel noir vivant en Belgique, nous avons constaté que beaucoup de réseaux que nous avions se sont amincis et que certains ont disparu. Pour beaucoup d'entre nous, ces réseaux informels sont vraiment importants pour nous aider à survivre."

"Ce que nous essayons de faire cette année, et pour les années à venir, c'est d'amener ces expériences de notre communauté dans le festival. Il ne s'agit plus seulement de films et d'œuvres d'art, il doit s'agir de conversations, d'échanges, de transmission, d'apprentissage, de refuge et - espérons-le - d'espoir, de transition et de transformation."

"Dans le cadre du festival de cette année, nous créons un espace appelé Palaba Corna. L'idée est d'avoir des conversations avec les artistes mais aussi avec le public sur toutes sortes de thèmes. Nous nous efforçons de trouver des moyens d'inciter le public à construire tout cela avec nous."

"D'une certaine manière, l'art devient juste une excuse pour lancer la conversation."

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